Il était une fois un crabe. Un crabe tout rond, avec des yeux au bout de deux petits bâtons. Et ce crabe-là marchait tout droit, tout droit, comme toi et moi.
Mais ce crabe avait un défaut : il était gourmand… et il était paresseux ! Il aimait manger, mais il n’aimait pas travailler.
Un matin, il avait très faim. Il rencontra le rat, qui trottait, trottait, trottait très vite.
« Bonjour crabe ! Viens avec moi, on va chercher à manger ! »
Ils arrivèrent près d’un grand palmier, plein de bons fruits tout en haut.
« Rat, toi qui grimpes bien, monte ! » dit le crabe.
Le rat grimpa, grimpa, grimpa. Il coupa un gros régime de fruits. « Crabe, attrape ! »
Le crabe voulait les fruits… mais il ne voulait pas les attraper. Il avait une idée de malin : « Attends, rat ! Je vais chercher un coussin ! »
Et le crabe s’en alla trouver la flèche.
« Flèche, si je te le demande, pourras-tu toucher le rat là-haut ?
– Oh oui ! Zzzip ! »
Et le crabe dit : « Pas tout de suite ! Quand je dirai : Allons-y ! »
Il alla voir la termite. « Termite, pourras-tu manger la flèche ? – Oh oui ! Croc, croc ! »
« Pas tout de suite ! Quand je dirai : Allons-y ! »
Il alla voir le coq. « Coq, pourras-tu piquer la termite ? – Oh oui ! Cocorico ! »
« Pas tout de suite ! Quand je dirai : Allons-y ! »
Il alla voir le chacal. « Chacal, pourras-tu attraper le coq ? – Oh oui ! Hou-hou ! »
« Pas tout de suite ! Quand je dirai : Allons-y ! »
Il alla voir le chien. « Chien, pourras-tu attraper le chacal ? – Oh oui ! Ouaf, ouaf ! »
« Pas tout de suite ! Quand je dirai : Allons-y ! »
Alors le crabe rassembla tout le monde, et ils arrivèrent en silence au pied du palmier. Tout en haut, le pauvre rat attendait, son régime dans les bras. Il se demandait : « Mais où est passé le crabe ? »
Le crabe leva ses deux pinces et cria très fort :
« ALLONS-Y ! »
Le chien attrapa le chacal ! Le chacal attrapa le coq ! Le coq piqua la termite ! La termite mangea la flèche ! Et la flèche, zzzip, toucha le rat ! « Aïe ! » fit le rat, et il lâcha le régime… qui tomba, boum !, sur le dos du crabe.
Le crabe resta tout plat, tout aplati ! Et depuis ce jour, le crabe ne peut plus marcher droit : il marche de côté, à droite, à gauche, à droite, à gauche…
Et si tu veux lui demander pourquoi, il te répondra : « Ah ! C’est parce que j’étais trop gourmand ! »